transmission active — montréal — abri non répertorié
MAUVAISE CONTINUITÉ
un podcast fictif apocalyptique montréalais
▮ signal actif
manifeste_v2.txt — mars 2026
le manifeste
pourquoi

le matin on a une réunion Teams pis le soir c'est la fin du monde aux nouvelles

j'exagère pas. j'aimerais ça exagérer. le monde ordinaire veut juste cultiver ses tomates pis être tranquille mais y'a une classe de milliardaires qui se textent des videos de torture à partir de leur île du crime pis leur solution à la crise climatique c'est pas d'utiliser leur argent pour faire le bien c'est de se YEET SUR FUCKING MARS

on dirait le plan de Dr Evil dans Austin Powers sacrament

mauvaise continuité, c'est un podcast pour le monde normal, le monde qui voit les riches essayer de les remplacer avec des robots, qui réalise qu'il a ben plus en commun avec son voisin que de différences, mais que y'a six vieux rentiers qui trouvent ça fucking nice de nous faire croire le contraire ça fait qu'ils achètent le washington post pis twitter pour foutre la marde pis nous vendre des technologies de surveillance

c'est un projet pour le monde qui voit qu'on monétise notre colère pour nous faire haïr notre prochain, alors qu'on devrait haïr ceux qui monétisent la colère

c'est un podcast pour le monde qui a le goût de cultiver ses tomates dans un jardin, pas dans un bunker

c'est un projet d'humour même si c'est difficile en estie de continuer à rire quand les projets immobiliers ont plus de valeur que la vie humaine, pis qu'il y a des ti culs mascus qui se crossent en "optimisant les revenus" de leur 400e porte

quoi

c'est un podcast fictionnel où on se raconte des histoires comme autour d'un feu de camp. c'est juste que nos monstres portent des suits, détestent l'humanité, pis on les gosse parce qu'on est des NPC dans leur monde à eux

c'est important la fiction. quand la réalité repousse constamment les limites de l'indicible, on se tourne vers elle pour répondre à une question universelle: what the actual fuck

pis s'ils continuent à nous mettre des bâtons dans les roues, on s'organise, pas pour leur parler à eux, ils s'en calissent, on va se parler entre nous

on va construire un lore qui est en fait juste un miroir qui reflète le grotesque qui nous entoure. je vous mets au défi de trouver une hyperbole qui sonne pas comme un grand titre de journal

c'est un podcast en forme de drapeau rouge, ancré dans le rire pis la fête. on est pas cyniques, on est pas nihilistes. c'est juste qu'à un moment donné vaut mieux en rire

ça t'intéresse?

il y a deux rôles. les chroniqueurs de l'horreur et les observateurs du chaos. les premiers viennent raconter les trucs les plus débiles avec le ton d'un chroniqueur de sucré salé qui porte un masque à gaz. les seconds sont là pour le show — dessiner, tenir une caméra, viber. c'est la galerie des monstres

le background c'est montréal, notre village gaulois cosmopolite où rien fonctionne mais tout le monde cheers à la sangria quand un pauvre quidam perd ses caps de roue dans un nid de poule

comment

une fois de temps en temps, on se rencontre entre déviants pis on enregistre. on laisse nos egos dehors, nos cellulaires dans une boîte, pis on crée quelque chose en gang

dans notre bunker, t'es quelqu'un d'autre. un masque, une moustache, une poubelle avec des googly eyes, ton costume on s'en fout, mais pour inventer notre lore faut commencer par se réinventer soi-même

on fait des chroniques, des pubs, des chansons, des billets.t

on fait un carnaval, une fête des fous. c'est brouillon. quelques micros, quelques néons. one take, pas de montage. on les entendra les chaises qui grincent, les rires qui fusent, les bafouillages. l'erreur est humaine, pis aujourd'hui plus que jamais c'est fucking important d'être humain

notre matériel c'est la réalité: trash, indicible, horrible, parfois belle, parfois drôle, souvent unfair. on prend le réel pis on le twist juste assez; on sait plus où mettre les poubelles à montréal, pas de problème, on va vider le saint-laurent, le mettre dans un aquarium coin parc-jean-talon pis crisser nos ordures directement dans les fonds marins à sec

on a pas beaucoup de règles, mais on en a quelques unes dont on déroge jamais: on punch up, jamais down. ce sont les systèmes qu'on tourne en ridicule, jamais le monde qui est pogné dedans. ceux qui exploitent et qui profitent, c'est eux qu'on pointe du doigt. pis à leurs sbires qui pensent qu'en leur léchant le cul ils vont se sécuriser une place dans la fusée — on leur rappelle qu'ils sont des NPC eux aussi

on est baveux, pas méchants. notre bienveillance c'est une technique de survie

pis c'est pour ça qu'on va toujours enregistrer devant public, devant la galerie des monstres, nos amis et nos familles, déguisés eux aussi. c'est la fête, c'est mardi gras, c'est la fin du monde et nous on a décidé de faire le party

dans le fond c'est juste un cri du coeur parce qu'on aimerait ça s'éviter de tomber

dans la mauvaise continuité

directives_operateur.txt
les directives de l'opérateur

ok, c'est cool et poétique tout ça, mais comment ça marche concrètement?

1.c'est toujours un one take
2.c'est toujours 20 minutes. après 22 on a un avertissement. après 25 le signal coupe
3.c'est une formule. ça prend des lignes si tu veux colorier à l'extérieur
4.la DA c'est de la radio dans un bunker. c'est lofi, chaotique, entre le studio de production et le chantier de construction
5.on a un public. il rit, il réagit, il écoute, il dessine, il tricote, il danse. il est là. c'est pour lui qu'on est là, même s'il est tout seul

l'appel
// minute 0 à minute 2
on dit bonjour, on présente les invités, on prend des nouvelles
les nouvelles du dehors
// minute 2 à minute 6
tout le monde arrive avec sa nouvelle, sa pièce du lore, du worldbuilding. on partage, on en parle, on débat, on improvise, on passe à autre chose
le coeur du bunker
// minute 6 à minute 12
ici on demande à quelqu'un de mener le bal. c'est la chronique, la chanson, le rap, le poème, le numéro d'humour, les trucs pour cuisiner ses pigeons sans s'empoisonner. le moment principal du worldbuilding — on écoute, on interagit, on construit
la pub
// l'opérateur décidera
la fin du monde sera commanditée. on invente ensemble les horreurs qu'on va essayer de nous enfoncer dans le zeitgeist du futur. live ou pré-enregistrées
hot seat + signal coupé
// minute 14 à 20 — 22 — 25
c'est modulable, c'est accordéon. on reçoit un invité du vrai monde ou du faux — une entrevue, une discussion, une conversation. on parle d'un livre, d'un concept, d'un engagement communautaire, d'une cause, d'un phénomène. ils arrivent dans un écran de fumée et repartent quand le signal coupe.

c'est le dernier bloc. on fait pas de outro. le signal s'éteint. on se reverra plus tard.
etat_du_monde_fiction.txt
l'état du monde fiction

mauvaise continuité c'est un monde fiction, une caricature, mais qui demande une cohésion.

pas des règles, juste une vision, un système, pour que nos histoires se croisent et se rejoignent, que nos fréquences s'alignent sur la même longueur d'onde

des axiomes, en gros. c'est un beau mot, vous irez googler la définition.


dans mauvaise continuité, le pire est déjà arrivé. on anticipe pas l'apocalypse, on documente celle qui est en cours en espérant que nos patrons approuvent notre demande de vacances pour célébrer l'armageddon

nos monstres portent des vestons et des talons hauts. l'essence de l'humanité est mise à mal par des gens d'affaire avec des comptes twitter vérifiés

le mal et la méchanceté c'est pas un concept abstrait, c'est une business à financer

montréal c'est le centre de notre fiction. si tu veux parler d'ailleurs, passe par Hochelaga, ça te fera moins long. toutes nos histoires commencent et finissent ici

dans mauvaise continuité, nos gouvernements s'assurent que les plus grosses crises arrivent pendant les jours fériés — faudrait pas impacter la productivité

on a tous encore un REER. on sait juste plus ça sert à quoi. la retraite relève de la foi, y'a des cultes qui s'organisent pour l'invoquer comme une vieille divinité

ici internet est mort, c'est des robots, des trolls russes pis des IA malveillantes. tout le monde le sait, mais ta mère a encore cliqué sur un mauvais lien

la gentrification a rendu l'eau potable trop chère, ça fait qu'on boit du Perrier de contrebande dans des ruelles. on appelle ça "s'hydrater avec dignité"

les pigeons de Montréal songent à se syndiquer. les nuages ont des lobbyistes.

la mairie de Montréal c'est rendu trois VUS dans un gros manteau avec une pancarte "fuck les vélos"

on a réglé le problème des classes de maternelles frigorifiées en construisant les nouvelles écoles au sous-sol des centres de données. ça fait moins long aux enfants pour parler avec leur enseignant artificiel

il reste encore quelques enseignants humains dans les égouts. ils enseignent l'histoire des cônes oranges et l'art perdu d'écrire en lettres attachées


c'est un monde fiction en attendant que le réel le rejoigne.

dans la mauvaise continuité